Traque de chauffeurs Yango : Un étudiant de l’UCAD arrêté pour harcèlement après un piège policier
Une affaire de mœurs pour le moins inhabituelle secoue le milieu universitaire et le secteur du transport privé à Dakar, chauffeurs Yango. Un étudiant en Sciences politiques inscrit à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), identifié sous le nom de D. F. Bandian et âgé de 22 ans, a été appréhendé par les forces de l’ordre. Cette arrestation fait suite à une plainte formelle déposée contre lui pour harcèlement sexuel et propositions d’actes contre nature visant de manière spécifique des conducteurs travaillant via l’application de transport.
Selon les premières révélations partagées par nos confrères de L’Observateur, le scandale a éclaté après la dénonciation courageuse d’un conducteur, A. Diouf. À la suite d’une course effectuée le 16 mai dernier, le travailleur a commencé à recevoir une série de messages obscènes et pornographiques sur son compte WhatsApp de la part du jeune étudiant. Souhaitant obtenir des éléments matériels incontestables avant de saisir la justice, le chauffeur a feint d’entrer dans son jeu, incitant le mis en cause à fixer un rendez-vous précis pour passer à l’acte.
Muni de l’ensemble de ces preuves électroniques compromettantes, le plaignant s’est rendu auprès des services de police le 21 mai. La brigade de recherche a immédiatement mis en place un dispositif pour tendre une souricière à l’étudiant, permettant son interpellation en flagrant délit directement sur le lieu convenu pour le rendez-vous.
Lors de son interrogatoire officiel, le jeune homme a pleinement reconnu les faits devant les enquêteurs. Pour tenter d’expliquer ses agissements, Bandian a soutenu qu’il s’agissait là de sa toute première tentative, évoquant une incapacité psychologique à maîtriser ses pulsions du moment. Les investigations techniques menées sur son téléphone portable ont toutefois tempéré ses déclarations : l’analyse de l’appareil a mis en évidence un mode opératoire récurrent, révélant que l’étudiant enregistrait discrètement les numéros de téléphone de plusieurs autres chauffeurs Yango pour les cibler par la suite.
Que dit la loi sénégalaise sur ces agissements ?
Sur le plan légal, les actes reprochés à cet étudiant tombent sous le coup de plusieurs dispositions sévères du Code pénal sénégalais, particulièrement renforcées ces dernières années avec la lutte contre la cybercriminalité.
D’une part, l’utilisation d’une application comme WhatsApp pour envoyer des contenus pornographiques et harceler un individu constitue une infraction grave. La loi sénégalaise punit sévèrement l’utilisation des moyens de communication électronique pour proférer des menaces, envoyer des messages obscènes ou porter atteinte à la tranquillité d’autrui. Les sanctions pour ce type de harcèlement numérique peuvent aller de lourdes amendes à des peines de prison ferme, d’autant plus que les données des conducteurs ont été détournées de leur cadre professionnel initial.
D’autre part, concernant les propositions mentionnées dans les procès-verbaux d’enquête, le Code pénal sénégalais reste très strict. L’article 319 du Code pénal réprime explicitement quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. Les personnes reconnues coupables de ces infractions encourent une peine d’emprisonnement allant de 1 à 5 ans, ainsi qu’une amende substantielle. Dans ce cas précis, les messages textuels et les aveux recueillis lors de la garde à vue constituent des éléments matériels majeurs qui seront versés au dossier lors du jugement.
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